Interview de Louis BRISSON dans le mensuel Le Sommelier. Discussion autour de l’histoire de la famille BRISSON, les vins du Domaine et la vinification. En anglais.

Ceci est la traduction de l’article publié en anglais. La version originale  est à retourver ici

Que pourriez-vous me dire sur l’histoire du Domaine Brisson ?

C’est un domaine familial. Mon grand-père l’a acheté à son retour d’Algérie. Le Domaine avait alors été laissé à l’abandon pendant de nombreuses années. Il a fait un excellent travail en plantant de nouvelles vignes et en construisant un nouveau chai et une nouvelle cave. “A la suite de son père, mon père a commencé à la fin des années 70, et maintenant j’ai le projet de prendre la relève.

Quelle est votre étape préférée dans le processus de vinification ?

Pour moi, ce qui est très important, c’est le moment de la récolte et le choix de la date des vendanges. Il est important de récolter au bon moment, pour déterminer comment il se comportera dans les cuves. Nous vendangeons toujours nos raisins quand ils sont mûrs à 100%. C’est à dire que les baies, les pépins et les tiges doivent être mûrs pour donner au vin tous les arômes de fruits et tous les bons tannins. Pour moi, c’est le point crucial. Après cela, si nous avons un bon potentiel, nous pouvons faire un bon vin ; nous ne pouvons pas faire un bon vin si la qualité du raisin n’est pas bonne, sinon ce ne serait pas un vin authentique, ce n’est pas ce que nous voulons réaliser.

Quel est le secret de l’élaboration des vins du Domaine Brisson ?

Tout d’abord, il faut vendanger au bon moment, avec les raisins mûrs. Nous produisons des vins de Gamay ; en Beaujolais, tous les vins rouges sont issus à 100% de Gamay. Nous vinifions le Gamay de façon traditionnelle, pas seulement parce que c’est traditionnel, mais parce que nous pensons que c’est la meilleure façon de faire. On met les raisins entiers en cuve, on n’enlève pas les tiges, c’est la deuxième spécificité du domaine. La troisième, c’est de faire une fermentation longue, pour extraire la structure et donner au vin que nous produisons une saveur fruitée. Enfin la quatrième spécificité, c’est l’élevage, surtout avec la cuvée Noble Tradition ; nous élevons la cuvée quand le millésime est bon, et avec des tanins élevés, en fûts de chêne”.

Quel est votre meilleur souvenir depuis que vous avez travaillé au Domaine Brisson ?

C’est une question difficile ! C’est un vin que nous avons ouvert pour des clients américains, il y a deux mois. C’était un 1997, et c’était délicieux ! C’est un bon souvenir car chaque jour nous disons à nos clients que les vins du Beaujolais ne se résument pas au Beaujolais Nouveau, « des vins faciles à boire, faciles à oublier », qu’on ne peut pas garder très longtemps en cave, mais ce n’est pas vrai ! Et profiter de ce vieux millésime avec des clients, c’était une expérience très agréable. C’est bon de savoir que les gens peuvent encore déguster nos vins qui ont 10, 15 ou 20 ans, c’est gratifiant pour nous !

Selon vous, quel est la période la plus critique ?

Je dirais que c’est le processus de vinification, la période des vendanges. C’est un peu risqué de planifier la période de récolte, parce que nous récoltons manuellement, donc ce n’est pas comme une machine, où si elle n’est pas prête aujourd’hui, vous pouvez simplement mettre la machine dans le garage et attendre. Si les gens sont là pour travailler, ils ne peuvent pas attendre. Il est donc très difficile de déterminer à l’avance le bon moment. Jusqu’à présent, nous avons réussi à le faire ! Nous avons la possibilité de récolter dans plusieurs parcelles, donc si l’une d’entre elles n’est pas prête, nous pouvons peut-être en récolter dans une autre”.

Quel est le meilleur moment pour boire votre vin ?

Nos vins, ou le Gamay en général, sont de très bons vins à boire car ils vont des vins légers à l’apéritif, ou avec des mets légers comme la salade ou la charcuterie, à un vin plus structuré pour accompagner un steak ou un repas épicé. Pour moi, c’est très intéressant car on peut déguster une seule bouteille de l’entrée au fromage !

Comment décririez-vous le mode de vie beaujolais ?

Le mode de vie beaujolais est très convivial. Parce que le Beaujolais est un vin social, il est facile de partager de bons moments avec d’autres vignerons et producteurs. Ce qui est aussi beau en Beaujolais, c’est la nature et le paysage, peu connus en France et à l’étranger. Certaines parties du Beaujolais, près de Lyon, sont appelées la “petite Toscane”, les paysages sont très variés et les vins aussi !